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50 astuces pratiques pour arrêter de se ronger les ongles

L’onychophagie est-elle un TOC ? C’est une question qui fait encore débat dans le domaine scientifique. Dans cet article, je vais essayer de donner des pistes de réflexion à la lumière de ce qui a été publié.
Le diagnostic des troubles du comportement des ongles peut s’avérer très difficile, non seulement parce que les patients nient généralement leur compulsion autodestructrice, mais aussi en raison de leurs présentations non spécifiques, très variables et bizarres, ainsi que de la nature non spécifique des résultats histopathologiques.
Je ne compte pas faire de conclusion hâtive en suposant que j’ai la réponse. Par contre, je vous donnerai mon avis. Car après tout, je suis concerné. J’attends aussi de voir vos opinions !
Qu’est ce qu’un TOC (trouble obsessionnel compulsif) ?
Il s’agit de d’une combinaison de deux éléments qui vont provoquer un trouble comportemental chez un individu :
- une obsession : pensée qui revient sans cesse et qui est de caractère incontrôlée ;
- une compulsion : tâche qui tend à soulager l’anxiété provoquée par cette obsession.
Le mélange des deux fait que le sujet réalise des rituels incontrôlés.
Vous connaissez les TOC connus comme :
- « Je dois vérifier que la porte est fermée à clé 10 fois pour être sûr que je ne vais pas me faire cambrioler. »
- « Ensuite, je vais parfaitement aligner mes chaussures dans le placard pour être sûr que rien ne m’arrivera demain. Mais je me réveille dans la nuit pour vérifier que les chaussures sont toujours bien alignées »…
Il y a déjà eu des reportages à la télé sur les gens qui ont des TOC.
Voici une vidéo de la chaîne BIP pour illustrer mes propos
A ne pas confondre avec les tics
Un tic c’est la répétition de gestes, le rituel mais sans les idées obsédantes. Par exemple, si vous n’arrêtez pas de vous gratter le nez par nervosité.
C’est marrant parce qu’en tant qu’onychophage, je me reconnais plus dans les tics que dans les tocs. En effet, je ne pense pas à une idée obsédante quand je me ronge les ongles. C’est plutôt quelque chose qui vient sans y penser.
Mais j’ai peut-être une fausse idée de moi-même à ce sujet.
L’onychophagie est souvent accompagnée d’autres TOCs bien connus
Sans vouloir affirmer ou infirmer sur la question, je suis tombé sur un rapport clinique intitulé « Onychophagia as a Spectrum of Obsessive-compulsive Disorder » par Adam Reich de 2009 qui explique ceci :
- On a souvent remarqué que l’onychophagie est accompagnée d’autres TOCs.
- On a souvent remarqué que l’onychophagie apparaissait dès le plus jeune âge tout comme les TOCs. Si des troubles psychiatriques étaient détectés chez le même individu alors on pourrait classer l’onychophagie comme un TOC.
- Il manque cruellement d’études complémentaires pour qualifier l’onychophagie comme un TOC. Des efforts doivent être faits dans ce sens. La littérature scientifique à ce sujet est maigre (je l’ai aussi constaté).
- Il a été observé que la pharmacothérapie généralement utilisée pour traiter les TOCs avaient un impact bénéfique sur l’onychophagie (60% à 70% d’efficacité).

Se ronger les ongles peut révéler des troubles mentaux à prendre au sérieux
Si le diagnostic est bien fait, l’onychophagie peut être un indicateur d’une psychopathologie sous-jacente. En effet, comme je le disais dans le chapitre précédent, elle a été constatée chez des sujets ayant des TOCs.
Donc si vous avez un bon dermatologue, en fonction de la gravité avec laquelle vous vous rongez les ongles, il vous invitera à consulter un psychiatre.
Pour ma part, quand j’étais enfant, je n’ai pas eu le souvenir que le médecin avait dit quoi que ce soit à mes parents au sujet de mon onychophagie.
Je pense que beaucoup considère ceci comme un désordre mental bénin. Mais en fin de compte, il révèle bien des problèmes sous-jacents !
Un examen approfondi serait le bienvenu. Et je sais bien que ça ne fait pas plaisir de se dire qu’on devrait consulter un psy !
En tout cas, se ronger les ongles est visible de tous. Et c’est quelque part un mal pour un bien parce que ça permet aux professionnels de santé de détecter d’autres problèmes mentaux potentiels chez les individus.
Ceci dit, à part l’onychophagie, il se peut que vous n’ayez aucun autre trouble mental ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
J’invite juste les dermatologues et les médecins généralistes à prendre plus au sérieux les ongles rongés de leurs patients. Et à les inviter à consulter un psychiatre ou un psychologue, et ce, dès le plus jeune âge.

Le toilettage compulsif parmi la liste des TOCs
Le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) de l’American Psychiatric Association a publié une nouvelle version pour placer le toilettage compulsif dans la même catégorie que les troubles obsessionnels compulsifs.
Le toilettage compulsif des ongles est donc un TOC. Je peux comprendre que par un excès de frottements, de coupures ou de traitements, il arrive d’abimer les chairs et l’ongle.
On pourrait même envisager le toilettage compulsif et l’onychophagie à la fois. Par exemple, il m’arrivait que sous prétexte de vouloir égaliser mes ongles, je les porte à bouche. Et comme la coupe n’est pas précise, je voulais recommencer l’expérience pour faire une coupe parfaite. Sauf que, de fil en aiguille, une bonne partie de l’ongle était partie ! Et sans pourtant m’en rendre compte.
Mais alors, si le toilettage compulsif est un TOC selon l’American Psychiatric Association, pourquoi est-on aussi hésitant à classer l’onychophagie parmi les TOCs ?
Les conséquences peuvent être tout aussi graves.
Qui est concerné par les TOCs ?
Le TOC n’a pas d’affinité plus marquée pour un sexe spécifique. Dans 80 % des cas, les symptômes se manifestent avant l’âge de 18 ans. on a estimé qu’environ 3% de la population américaine est concernée. Source : William M Greenberg. Obsessive Compulsive Disorder datant de 2011 et mis à jour en 2012.
Il faut aussi savoir que peu de personnes osent en parler pour se faire soigner. Ce qui réduit les chances de diagnostic. Je peux comprendre car c’est un sujet tabou.
Il y a même des études poussées qui catégorisent les personnes ayant des TOC par classe sociale mais je ne le mentionnerai pas ici. Je pense que c’est inutile.
La neurologie n’explique pas encore l’origine des TOCs
C’est ce qu’indique un rapport intitulé « Obsessive compulsive disorder » de l’université de Udayana par Revathee Ramasamy datant de 2013.
Néanmoins, une partie du cerveau appelé « striatum » pourrait être à l’origine de ce trouble. Des différences dans d’autres parties du cerveau et cerveau et le dérèglement des neurotransmetteurs, en particulier la sérotonine et la dopamine, peuvent également contribuer aux TOCs. Le dérèglement du glutamate a également fait l’objet de recherches récente bien que son rôle dans l’étiologie du trouble ne soit pas encore.
Se faire diagnostiquer
Le diagnostic formel peut être effectué par un psychologue, un psychiatre, un travailleur social clinique ou un autre professionnel de la santé mentale agréé.
On peut très bien vous diagnostiquer pour détecter une obsession, une compulsion ou des deux.
Je vous rassure : si votre truc est de classer vos aliment sur une étagère de manière méticuleuse ne fera pas de vous une personne malade.
Par contre, si vous ressentez un profond mal-être à l’idée que les boîtes ne sont pas rangées, alors il se pourrait que vous soyez concerné. Aussi, si votre rituel est excessivement répétitif et vous prend beaucoup de temps chaque jour alors il faut s’en inquiéter.
Si on revient sur l’onychophagie un instant … De mémoire, je ne passais pas beaucoup de temps à me ronger les ongles mais je le faisais très fréquemment (au moins plus de 10 fois probablement).
A votre avis, est-ce un toc ou pas ?
Il est admis que la classification de l’onychophagie dans les troubles psychiatriques (CIM-10 et DSM-IV) comme trouble obsessionnel compulsif est encore flou.
Notons que dans la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), l’onychophagie est classée dans la catégorie « Autres troubles obsessionnels compulsifs et apparentés spécifiés » avec la spécification des « comportements répétitifs centrés sur le corps », tandis que la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10) classe cette pratique dans la catégorie « Autres troubles comportementaux et émotionnels spécifiés dont l’apparition se produit habituellement pendant l’enfance et l’adolescence ».
Donc, à ce jour, l’onychophagie n’est pas formellement classée comme TOC. Pour ma part, quand je me ronge les ongles, je ne le fais pas pour soulager une idée obsédante mais c’est plutôt un réflexe qui survient quand je suis concentré ou anxieux. Donc, de mon point de vue, je ne peux pas le classer parmi les TOCs.
Donnez votre avis !
A l’appui de cet article, et en fonction de vos ressentis, je serais intéressé de savoir ce que vous en pensez. Alors, à votre avis : se ronger les ongles est-il un TOC ou pas ?
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