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50 astuces pratiques pour arrêter de se ronger les ongles

Est-ce que le fait de se ronger les ongles est de l’automutilation ?
Je sais bien que ce n’est pas un sujet facile. C’est un sujet (une fois de plus) tabou. Mais vu que je n’ai pas peur des tabous, parlons-en !
N’ayons pas peur des mots. Je vais tenter de répondre à cette question en m’appuyant sur des manuels de psychologie. Histoire de mettre tout le monde d’accord.
On ne va pas se mentir : l’onychophagie ne fait pas de bien à nos ongles. Nous n’en sommes pas fiers.
Alors, est-ce pour communiquer notre détresse que nous faisons cela ? Est-ce pour répondre à un mal-être que nous avons du mal à gérer ?
Un mal pour un bien me direz-vous … Alors plongeons ensemble dans l’univers des automutilations pour mieux comprendre qui nous sommes et pourquoi nous le faisons !
Quelle est la définition de l’automutilation ?
Selon Wikipédia, « l’automutilation se caractérise par des blessures et dommages physiques directs, avec ou sans intention suicidaire. […] L’automutilation est listée dans le DSM-IV-TR en tant que symptôme du trouble de la personnalité borderline. »
* DSM : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (ouvrage de référence aux USA).
Je trouve que c’est déjà une définition claire et limpide. Certains sites sur la santé ne prennent pas en compte le caractère suicidaire dans la définition contrairement à Wikipédia.
En résumé, nous pourrions établir les critères de la façon suivante pour déterminer la nature mutilatoire d’un acte :
- Les blessures physiques : c’est le premier critère évident et fondamental.
- La fréquence des actes : en effet, si cela est pratiqué de façon répétée.
- Le caractère impulsif : s’il est difficile de résister à l’envie de se mutiler.
- Si cela répond à un mal-être : afin de soulager, rassurer, etc.
- Et le caractère non suicidaire (à court terme car parfois, cela peut se transformer en actes suicidaires ou compromettre l’état de santé sur le long terme).
Bien souvent, on diagnostique des comorbidités chez les individus qui s’automutilent (dépression, troubles de la personnalité, addiction, schizophrénie, etc.).
Il est constaté que les automutilations sont le plus fréquemment faites sur la peau (coupures, les brûlures, les coups et les écorchures). Cependant, d’autres types d’automutilations par l’ingestion de substances sont aussi reconnus (alcoolisme par exemple).
Il est aussi probable que les automutilations deviennent addictives dans le sens où cela vient répondre efficacement à une souffrance psychologique.
Il n’est pas souvent évident de détecter toutes les formes d’automutilation. En effet, les traumatismes subis par le corps peuvent être invisibles (atteinte des organes par exemple).


Pourquoi s’automutile-t-on ?
J’ai noté quatre raisons décrites dans le MSD (un manuel de santé) et qui résument bien les possibilités :
- Un moyen de réduire la tension ou les sentiments négatifs
- Un moyen de résoudre des difficultés interpersonnelles
- Une auto-punition pour des fautes perçues
- Un appel à l’aide (en se faisant remarquer)
C’est donc un mécanisme d’adaptation. En se faisant des actes de mutilations, on a ainsi le sentiment de contrôle (puisqu’on ne peut pas contrôler ses propres émotions).
Il se pourrait que l’automutilation ait pour but d’attirer l’attention à soi (comme un appel à l’aide). Ce qui vient en contradiction avec le fait de vouloir cacher ses blessures aux autres (ce qui arrive assez souvent).
Il se peut aussi que l’on recherche à ressentir de la douleur de façon délibérée. Pour éventuellement se reconnecter avec son propre corps.
Qui est concerné par l’automutilation ?
Tout le monde est concerné. Mais néanmoins, on note que les automutilations tendent débutent plutôt à l’adolescence (15% à 20%) pour ensuite s’estomper avec l’âge (selon le Cornell Research Program du Canada).
Cela me fait penser aux statistiques sur l’onychophagie ! Ce qui nous met sur la bonne piste.
Ensuite, nous avons les différents profils :
- les personnes atteintes de troubles du comportement (troubles de la personnalité borderline aussi appelé TPB par exemple) ;
- les personnes atteintes de troubles mentaux majeurs (schizophrénie par exemple) ;
- les personnes atteintes d’autisme et de syndromes neurologiques.
Là aussi, la plupart des onychophages ont des troubles du comportement (TPB). Ca n’est pas le cas le plus grave, je vous rassure. Ne soyez pas impressionné par les termes.
Selon Wikipédia, les facteurs déclenchants trouveraient leurs sources dès l’enfance. A cet âge, les difficultés familiales ainsi que les chocs psychologiues feraient augmenter la probabilité de s’automutiler.


Finalement, l’onychophagie est-elle une forme d’automutilation ?
Je vais tenter de répondre à la question en deux parties (d’un point de vue somatique et d’un point de vue psychiatrique).
Point de vue somatique
Il est aisé de comprendre ce qu’est une automutilation pour la grande majorité d’entre-nous.
C’est la partie émergée de l’iceberg. Comme une preuve factuelle de l’état psychologique du l’individu.
En gros, vous vous faites du mal à votre corps en vous arrachant des morceaux de peau, en vous coupant ou que sais-je. Ceci dans le but de ressentir une émotion en réponse à un mal-être.
Si vous le faites de façon répétée, impulsive et que cela ne vous met pas entre la vie et la mort de façon immédiate … Alors, cela me rappelle les définitions que j’avais donné aux addictions, toc et autres troubles comportementaux.
On ne peut pas nier le fait que l’onychophagie dégrade l’état de nos mains et que nous ressentons parfois de la douleur. Cela peut-être aussi une façon de communiquer notre détresse puisqu’elles sont visibles aux yeux de tous !
Donc pour moi, la case est cochée du point de vue somatique.
Point de vue psychiatrique
Pour rappel, l’automutilation est listée dans le DSM-IV-TR en tant que symptôme du trouble de la personnalité borderline. Je suis donc allé voir les critères de ce fameux manuel de référence des troubles mentaux aux USA.
Voici un résumé de ce qui définit un trouble de la personnalité borderline (ou limite en français) : lunatique, réactions impulsives, sensation de solitude et de vide, colère excessive …
Pour ma part, je me reconnais dans ces critères. Je pense avoir ce trouble de la personnalité car j’ai horreur du vide, de me sentir seul. Je surréagis aussi parfois pour rien, avec un stress démesuré.
Donc, selon moi, je valide aussi ce critère !
Les niveaux de gravité de l’automutilation
Quand on parle d’automutilation, on pense à des saignements, des cicatrices, des coupures voir des déformations des ongles.
Il y a différents niveaux d’automutilation. Il est certain que si vous saignez fréquemment quand vous vous rongez les ongles, il faut consulter un médecin.
Idem si vous avez des stries sur vos ongles et qu’ils sont informes. J’ai déjà vu des cas où les ongles avaient complètement disparus ! Laissant des trous à la place des matrices. C’est très dur à voir et on ressent des frissons à la vue de telles images. J’imagine la souffrance extrême que peuvent subir ces personnes. Je n’ai pas été jusque là personnellement.
Il ne faut pas sous-estimer le fait que l’onychophagie, même à petite échelle, met en évidence un problème psychologique qui reste à régler. Et qui sait, peut-être que cela va s’empirer par la suite avec des séquelles (comme la déformation des dents par exemple). Donc pensez aux conséquences indirectes de cette forme d’automutilation.

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Conclusion
Mon point de vue n’engage que moi. Je suis plutôt d’accord pour dire que, oui, l’onychophagie est une forme d’automutilation !
Il s’agit d’une dégradation ciblée sur une partie de notre corps faite de façon répétée et impulsive pour répondre à un mal-être. C’est un processus d’adaptation comme diraient les psychologues.
C’est probablement la forme d’automutilation la moins grave (parce que les ongles repoussent) bien qu’il ne faut pas négliger les séquelles potentielles dues à l’onychophagie aïgue.
Pour ma part, qualifier l’onychophagie d’acte automutilatoire est un critère suffisamment important pour la prendre vraiment au sérieux. Bien souvent cela cache une vraie détresse chez l’individu.
Si vous lisez cet article parce qu’un de vos proches est concerné : surtout, ne braquez pas un onychophage en lui disant qu’il s’automutile. Cela renforcera son sentiment de culpabilité. Gardez-le pour vous et prenez un autre angle d’approche.
Pensez-vous que vous vous automutilez ?
Personnellement, je pense que oui. Mais je serais intéressé de connaître votre avis sur la question. Dites-moi dans les commentaires ce que vous en pensez. Allez-y franchement, sans préjugés.